PRAGMATICUS
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La storyline avant les slides.

Écris des phrases, pas des rubriques.

Objectif

Décider l'histoire avant de produire les slides.

Un deck épais est souvent un document où personne n'a tranché.

Quand la partie II contredit la partie IV, ce n'est pas un problème de mise en page. Trois personnes ont produit trois blocs dans trois logiques différentes, et la synthèse ajoutée en ouverture ne répare rien.

Cette fiche sert à obtenir une décision éditoriale avant la production : ce que le document doit dire, dans quel ordre, et ce que la salle doit pouvoir faire après l'avoir lu.

Principe

La storyline est une spécification, pas une intention.

Une storyline provisoire rend les messages et les questions ouvertes discutables avant la finition. Elle guide le travail sans figer des conclusions que l’analyse pourrait encore modifier.

Une histoire provisoire rend les décisions de fond discutables avant la mise en forme. Les analyses et esquisses nécessaires pour tester un message peuvent la précéder ; une conclusion que les données contredisent doit ensuite être révisée.

Un sommaire liste des sections. Une storyline rédige des messages.
  1. Cadrage

    Cinq réponses avant la première ligne.

  2. Titres

    Un bullet, un titre de slide, une slide.

  3. Messages

    Chaque sous-point porte une idée, glosée.

  4. Validation

    Les messages sont relus avant la finition du deck.

  5. Production

    Le travail se répartit sans repasser par l'auteur.

Approche

Du cadrage à une histoire révisable.

La séquence tient en une heure pour un deck courant. Elle échoue surtout quand on saute le premier geste, parce que l'on croit déjà voir le document final.

  1. Cadre avec les cinq questions.

    Pourquoi ce document existe, ce qu'il doit faire passer, qui le lit, qui produit et dans quel format, et pour quand. Cinq réponses, et la moitié des débats de fond sont déjà tranchés.

  2. Écris des phrases, pas des rubriques.

    Un bullet égale un titre de slide égale une slide, et le titre est rédigé, sujet, verbe, complément. « Contexte » n'est pas un titre.

  3. Nomme et glose chaque sous-point.

    Chaque concept cité est nommé et expliqué dans une parenthèse. La storyline devient une spécification, pas une intention.

  4. Fais valider les messages avant la finition.

    Présente une histoire provisoire qui distingue conclusions étayées, hypothèses et questions ouvertes. Les analyses ou graphiques exploratoires peuvent la faire évoluer. L’accord porte sur les points explicitement validés, pas sur les questions restées sans réponse.

  5. Nourris-la après chaque point.

    Les questions ouvertes et les sujets en cours restent visibles. C'est le document d'alignement de l'équipe, pas le brouillon privé du lead.

Points d’attention

Les signaux d'une storyline écrite pour la forme.

Chacun de ces signaux annonce la même suite : les décisions de fond se prendront pendant la production, au pire moment et au pire prix.

Bon signal

  • Les titres se lisent à la suite et racontent une histoire.
  • Les concepts sont nommés et expliqués en une ligne.
  • Les messages sont relus avant la finition des slides.

À surveiller

  • Des titres sans contenu : contexte, analyse, prochaines étapes.
  • Une charpente très structurée, mais rien à dire.
  • Une hiérarchie partie / sous-partie que personne ne sait lire.

À retenir

Celui qui écrit la storyline décide de l'histoire. Les autres produisent des slides.

Le document « en plus » est celui qui fait passer de producteur à architecte.

En pratique

Écris une storyline provisoire avant de finir le deck.

Le test se fait sur un vrai deck. L’objectif est de rendre l’histoire contestable avant sa finition ; les analyses et esquisses nécessaires pour éprouver ses messages peuvent la précéder.

Demande une validation sur les points identifiés.

Indique les messages à valider, les hypothèses à tester et les questions qui restent ouvertes. Un « OK » global ne tranche pas ces questions.

Cadrage

Les cinq réponses, écrites, en haut du document.

Titres rédigés

Un par slide prévue, en phrase complète.

Questions ouvertes

Ce qui n'est pas tranché, marqué comme tel.

Accord daté

Qui a validé quels messages, et quelles questions restent à instruire.

Le template à reprendre

STORYLINE, [deck], [date]
CADRAGE : pourquoi / quoi / pour qui / comment / pour quand
I.  [Titre de slide rédigé en phrase complète]
    - Key message : concept (= glose en une ligne)
II. [Titre suivant, qui continue l'histoire]

Les mots en couleur renvoient au glossaire.

Sources et méthode